Deux mondes : navigateur + cloud vs bureau + fichiers
Google Sheets est pensé pour le web : un fichier « hébergé » dans Drive, partagé par lien ou par compte, édité simultanément par plusieurs personnes. Microsoft Excel existe en application desktop (Windows, Mac) et en Excel pour le web (navigateur, souvent via OneDrive ou SharePoint). Les limites ne sont donc pas comparables ligne à ligne : il faut distinguer Excel installé et Excel en ligne.
Limites côté Google Sheets
Les valeurs ci-dessous reprennent la documentation Google (Drive / Sheets) — elles peuvent évoluer ; vérifiez la page d’aide officielle pour votre abonnement.
- Cellules : jusqu’à 10 millions de cellules par classeur (y compris pour les fichiers importés depuis Excel ou CSV dans les conditions indiquées par Google).
- Partage nominatif : un même fichier Google (Docs, Sheets, etc.) ne peut pas être partagé avec un nombre illimité d’adresses individuelles : la documentation Google indique une borne de l’ordre de 600 destinataires distincts par fichier lorsque vous partagez en ajoutant des comptes un par un. Au-delà, vous verrez une erreur du type « vous ne pouvez pas partager avec autant de destinataires » — il faut alors passer par des groupes, un domaine Workspace, une Shared Drive, ou une autre stratégie de diffusion (lien « toute personne avec le lien », publication web, export vers un outil métier, etc.).
- Édition simultanée : au-delà d’environ 100 utilisateurs actifs en même temps sur un même fichier, Google documente des restrictions (priorité d’édition, recommandation de « publier sur le web » pour de la très large diffusion en lecture).
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Fonctions et intégrations :
IMPORTRANGE,IMPORTDATA, Apps Script ont des quotas (nombre d’appels, temps d’exécution). Un classeur très chargé en formules qui tirent des données externes peut ralentir ou échouer sans que la seule limite « cellules » soit atteinte. - Connexion : sans réseau, l’usage est dégradé (mode hors ligne limité selon navigateur et réglages).
Limites côté Microsoft Excel
Excel (application bureau)
- Grille : jusqu’à 1 048 576 lignes × 16 384 colonnes par feuille (dernière colonne XFD) — soit un plafond théorique énorme par feuille, mais la mémoire et les performances de la machine restent le vrai frein.
- Taille de fichier : les classeurs très volumineux (nombreuses feuilles, images, modèle de données) peuvent atteindre des centaines de Mo ; l’ouverture et le recalcul dépendent du poste.
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Partage « fichier » : un fichier
.xlsxsur un partage réseau ou envoyé par mail n’a pas la même limite « 600 comptes » que Drive — en revanche la gouvernance (qui a la dernière version ?) est souvent plus confuse que sur un document cloud unique. - VBA, compléments, Power Query avancé, Power Pivot : souvent réservés ou complets uniquement en bureau — argument fort pour rester sur Excel installé.
Excel pour le web (navigateur)
- Microsoft indique des plafonds de taille pour l’ouverture dans le navigateur lorsque le fichier est dans SharePoint / OneDrive (ordre de grandeur courant : au-delà de ~100 Mo, l’édition web peut être impossible — le fichier doit alors s’ouvrir dans Excel bureau).
- Toutes les fonctionnalités du desktop ne sont pas disponibles ; les gros modèles ou macros peuvent imposer le client lourd.
Tableau de synthèse (ordre de grandeur)
| Critère | Google Sheets | Excel bureau | Excel pour le web |
|---|---|---|---|
| Accès principal | Navigateur, apps Google | Application installée | Navigateur (fichier cloud Microsoft) |
| Plafond cellules (doc. Google / usage courant) | 10 M cellules / classeur | Grille très large ; limite pratique = perf | Souvent aligné sur les gros classeurs avec limite de taille fichier |
| Partage nominatif massif | Plafond (~600 comptes / fichier, doc. Google) | Pas la même logique « comptes sur un fichier cloud » | Gouvernance SharePoint / permissions |
| Co-édition temps réel | Natif, mature | Possible via fichiers cloud Microsoft | Oui, avec limites de taille / fonctionnalités |
| Macros / VBA | Apps Script (modèle différent) | VBA | Très limité |
Quand privilégier Google Sheets ?
- Équipes déjà sur Google Workspace, habitudes Drive, Gmail, Meet.
- Besoin de collaboration fréquente, commentaires, historique de versions simple, partage par lien.
- Processus légers : saisie partagée, tableaux de suivi, scoring, planning — sans dépendre de macros lourdes.
-
Intégrations avec le web (
IMPORTXML, connecteurs, Zapier/Make, BigQuery via outils Google, etc.).
Quand privilégier Excel ?
- Modèles complexes : Power Pivot, scénarios avancés, solveur, classeurs avec milliers de formules interdépendantes optimisées depuis des années.
- Macros VBA ou compléments métier historiques : migration vers Sheets coûteuse et risquée.
- Fichiers énormes ou besoin de travail hors ligne fiable sur le poste.
- Organisation centrée Microsoft 365 (Teams, SharePoint, Power BI en aval du même écosystème).
Importer / exporter entre Sheets et Excel est courant — attention aux écarts de formules, aux formats conditionnels et aux scripts. Si vous butez sur les limites de Sheets (partages, quotas, volumétrie), la suite logique n’est pas « un Excel de 200 Mo par e-mail » mais souvent un fichier métier (base SQL, application web, entrepôt) avec des exports contrôlés.
FAQ
Les 600 partages, c’est par jour ou au total ?
Il s’agit d’une limite sur le nombre de comptes distincts avec lesquels un même fichier peut être partagé de façon nominative (selon la documentation Google). Ce n’est pas un quota journalier de messages.
Puis-je dépasser 600 collaborateurs avec un lien « tout le monde » ?
Un lien en lecture ou commentaire peut toucher plus de monde, mais la gouvernance et la sécurité changent : contrôle d’accès affaibli, risque de fuite. À évaluer selon la sensibilité des données.
Excel Online est-il « le même » qu’Excel ?
Non pour les usages avancés : pensez-le comme une vue pratique pour éditer des tableaux courants dans le cloud ; gardez le bureau pour les modèles lourds.